Dans la perspective de notre évaluation du “Décret créativité”, nous avons sollicité l’Asbl RTA pour en faire une analyse. Pour lire l’étude en entier, cliquez ici.


Favoriser le développement culturel des individus et des groupes» – Pour une évaluation d’une politique publique à partir des pratiques

Écrit par Jean Blairon
Publication : 11 octobre 2018

En 2009, la FWB adoptait un décret, dit « Décret Créativité », qui a pour objet la définition des conditions d’octroi de reconnaissance pour trois catégories d’associations culturelles, dont les Centres d’expression et de créativité (CEC). C’est cette catégorie qui fait l’objet de cette étude.

Le texte prévoit une évaluation du décret tous les cinq ans. La Fédération pluraliste des CEC (FPCEC) a souhaité apporter sa contribution à cette évaluation et a sollicité RTA dans ce cadre.

Il y a bien des manières d’envisager l’évaluation d’une politique publique de soutien et d’octroi ; la voie qui a été choisie ici est inspirée du raisonnement de Boltanski sur le rôle des institutions qui doivent conférer (ou refuser) une légitimité à des acteurs, en l’occurrence, ici, culturels ; ce jugement, pour être équitable, doit se baser sur des « épreuves » que les candidats à l’octroi doivent affronter.

C’est donc à l’évaluation de ces épreuves (de leur définition, de leur administration, de leur adéquation) que le groupe s’est attelé, au départ de l’expérience de ceux à qui elles s’adressent.

La méthodologie choisie est un va-et-vient réflexif entre un comité de pilotage pour définir les questions structurantes, des groupes diversifiés pour comparer les pratiques, et le regard de l’intervenant extérieur.

Les pratiques comparées, pouvant être considérées comme le cœur du métier des CEC, étaient : la mise en œuvre des projets socio-artistiques ; les manières de favoriser l’expression citoyenne ; les façons d’articuler l’expression citoyenne et l’expression artistique.

De ces allers-retours se dégagent des analyses qui mettent en lumière un certain nombre de zones d’incertitude, non sur le travail lui-même, mais sur l’éligibilité et la justification de ces actions. Ces zones d’incertitude sont explorées, de manière à voir de quelles insuffisances le texte décrétal peut être porteur. Des hypothèses, sous forme de questions, sont élaborées, qui peuvent être des pistes d’amélioration du cadre décrétal. Enfin, des propositions générales explicatives des pratiques peuvent nourrir une politique de formation pour soutenir l’action des opérateurs.